Bernard de Ventadou.Fils de boulanger., il fut au XIIe siècle, le protégé du vicomte Eble de Ventadour et de sa femme. Aliénor d'Aquitaine et le comte de Toulouse Raymond V s'intéressèrent à lui. Il est peut-être le plus aimable des troubadours : l'amour courtois fut son unique inspiration.
Ce n'est merveille si je chante
Mieux que nul autre troubadour
Le coeur est ouvert à l'amour
Et mieux suis s'il me commande
Coeur et corps et savoir et sens
Force et pouvoir en lui j'ai mis
Ce qui me tire vers l'amour
Fait que rien d'autre ne m'atteint.
Il est bien mort qui ne sent pas
D'amour au coeur la saveur douce
Et que vaut la vie sans l'amour
Ne sert qu'à ennuyer les gens !
Ah, je prie Dieu qu'il m'aime tant
Que ni jour ni mois je ne vive
Si j'ennuie ou s'il m'arrive
D'oublier d'amour le talent...
Olivier de Magny ( 1524 – 1561 )
Originaire de Quercy, protégé d’Henri IV. Ami de Joachim du Bellay, célébré par les poètes de la Pléiades, il fut très lié avec Louise Labé. Secrétaire d'ambassade à Rome, il publie « Les Soupirs » un an avant que du Bellay ne publie « Les Regrets ».
Gordes, que ferons-nous ? Aurons-nous point la paix ?
Aurons-nous point la paix quelquefois sur la terre ?
Sur la terre aurons-nous si longuement la guerre,
La guerre qui au peuple est un si pesant faix ?
Je ne vois que soudards, que chevaux et harnois,
Je n'ois que deviser d'entreprendre et conquerre,
Je n'ois plus que clairons, que tumulte et tonnerre
Et rien que rage et sang je n'entends et ne vois.
Les princes aujourd'hui se jouent de nos vies,
Et quand elles nous sont après les biens ravies
Ils n'ont pouvoir ni soin de nous les retourner.
Malheureux sommes-nous de vivre en un tel âge,
Qui nous laissons ainsi de maux environner,
La coupe vient d'autrui, mais nôtre est le dommage.