Une Trouvaille.
Un beau matin d’août, j’allai comme d’habitude à la plage résidentielle pour y passer la journée. À peine le soleil fut – il couché, je rangeai mes affaires et me précipitai pour rentrer quand soudain, je vis un portefeuille de couleur vert kaki sous le parasol d’à côté. Je regardai autour de moi cherchant des yeux son propriétaire.
Ce fut alors qu’un homme, l’air bouleversé et ayant remarqué mon inquiétude me demanda si je n’avais pas trouvé quelque part un portefeuille : « Il était de couleur vert kaki, disait – il, contenant quarante dinars, quelque monnaie et des papiers. »
Submergée de joie, en pensant que j’étais sur le point de rendre un grand service à un jeune homme troublé et perdu, je lui remis le portefeuille sans même prendre le soin de vérifier ce qu’il y avait dedans. Le visage comme illuminé, le jeune homme me remercia et partit avec ma trouvaille.
J’étais fière de moi quand je me fus arrêtée subitement à la vue d’un autre portefeuille pareil à celui que je venais de ramasser. Je comptai l’argent qu’il contenait avec des mains tremblantes et j’y trouvai exactement ce que l’homme m’avait décrit. Ce fut un malheur ! Il ; faut, dis – je avec une voix altérée que je me rende au commissariat le plus proche. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. La surprise fut au comble lorsqu’on m’annonça que le propriétaire du portefeuille réclamait le reste de son argent qui dépassait les cinquante dinars et quelques objets de valeur. Je compris alors qu’il y avait en vérité deux portefeuilles pareils et que je m’étais trompée en donnant le premier au jeune homme. Ce moment fut affreux, ma conscience était troublée. Avant quelque temps, j’avais goûté un véritable bonheur et maintenant c’était le désarroi complet. Cependant, je devais me défendre car les policiers disaient : « Tu ne crois tout de même pas qu’on va se laisser convaincre par de vaines paroles ? » Pire, on m’accusa de complicité avec le jeune homme : « surtout, ajoutait l’un des agents en fixant sur moi des yeux ardents ne te mets pas en tête qu’on va croire à ton histoire ridicule de deux portefeuilles ! »
Je me rassurais encore tout en disant « Ne t’inquiète pas, tu as la situation en main. » Mais je n’arrivai pas à me contrôler, je bafouais des mots et je commençais à désespérer.
On avait fini par me relâcher cependant lorsque mes parents étaient intervenus avec quelques uns de nos proches influents. Les agents avaient seulement promis de poursuivre l’enquête mais pendant des nuits, je restais encore hantée par le regard méprisant des policiers et leurs offenses.